Patience…

tu me manques ma Grande

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Patience d’arachnéen
à tisser et retisser
contre l’invisible.

Patience pour nos tessons
nos lourds bagages
notre rage sèche
nos brûlures d’abeilles.

Patience encore
pour la blessure molle
la cicatrice dévastée
qui saigne le temps à venir.

Patience contre la dérobade
l’équivoque de l’oxydé.
Patience pour creuser l’infime.

Patience envers les écrits
nés de l’obscur
scandés en sautillant
tressés sur des ruines.

Patience pour les doigts usés
pour le chant abandonné
la descente
dans l’enfer de l’autre.

Patience enfin
pour les tempêtes intimes
celles que l’on retient
lèvres scellées
le froid au ventre.

AGNÈS SCHNELL
Avril 2008