Ziad MEDOUKH, Extrait

ZIAD MEDOUKH…Extrait http://emmila.canalblog.com/archives/2016/09/30/34384570.html

Ô soldats occupants,
Ô colons agresseurs,
Ô sanguinaires apatrides,
Vous qui vous avez occupé notre pays,
Volé notre terre
Et humilié notre peuple
Par des orgies de punitions collectives,
Par des agressions et des crimes quotidiens
Partez !

Vous qui êtes élevés dans la haine et la violence,
Vous tuez de sang froid nos gosses lanceurs de cailloux,
Vous brûlez sans foi ni loi nos bébés dans leurs lits,
Vous attaquez brutalement nos lieux saints,
Vous encerclez nos villages et nos champs,
Vous détruisez nos maisons et vous arrachez nos arbres
Mais votre sentiment de domination n’est qu’illusion.

Plus qu’une pierre dans la main de nos enfants,
Vous craignez le sourire de nos martyrs.
La beauté de leur cœur
Vous met à genoux
Ainsi que le cri de leur souffrance,
Le cri de leur révolte et de leur dignité.
Vous aurez beau déployer toutes vos mesures
Et vos forces obscures
Sachez que toutes vos armes, à vous les génocidaires,
Ne nous rendront pas moins déterminés.

Vous ne savez pas que la résistance est palestinienne,
Que cette résistance ne peut que vaincre
Parce qu’elle est noble,
Vous ne savez pas que nous ne renoncerons pas
Et continuerons de nous battre,
Jusqu’au dernier souffle,
Vous ne savez pas que notre cause
Est une cause pour chaque révolutionnaire,
Un symbole d’émancipation pour tous les peuples.

Vous, les passants parmi nous,
Vous, les racistes extrémistes,
Vous, les méprisants du droit international,
Arrêtez de jouer les victimes
Avec vos représailles sanglantes,
Vos exactions et vos meurtres.
Prenez tout et partez.
Prenez nos sables, nos pierres, les flots de notre sang
et vos mauvais souvenirs,
Dégagez !

Il est temps que vous partiez.
Assez de violence, assez de sang.
Sortez de notre terre, de notre mer.
Quittez nos villes et nos vergers.
Nos racines, c’est ici.
Nous ne partirons pas.

Laissez-nous notre présent et notre avenir
Et allez-vous en !
Vous ne savez pas
Combien nous adorons la liberté,
Combien nous aimons la vie,
Combien nous luttons pour elle,
Pour une vie digne.
C’est à nous de vivre comme nous le voulons
Dans l’espérance d’une paix réelle,
Pas une paix sous occupation,
Ni une paix sous colonisation,
Mais une paix dans la justice.

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 ZIAD MEDOUKH

Errer

Errer (Andrée Chedid) – http://wp.me/pB7pb-aae

Errer

Elle va elle va
La remuante vie
Distançant nos fictions
Devançant tous nos rêves

Tandis que nous errons
D’ébauches en ébauches
Fabriquant sur l’écorce du monde
De frêles abris

Tandis que nous rôdons
Vers l’incernable issue
Mendiants d’éternité
Et de terres mal promises

Les peurs parfois nous déportent
Vers de douteux appuis
Nous enferment parfois
En de sombres bastilles
Sans fenêtres sur l’espace
Sans passage vers autrui.

(Andrée Chedid)

Le silence

http://lafreniere.over-blog.net/2016/09/le-silence.html

On ne s’habitue jamais au silence. On ne se lasse pas de ce pouvoir sur soi- même. Ceux qui ont ce silence et ce pouvoir sont les vrais vivants; ce sont eux les vrais vivants; ce sont eux qui parlent, eux qui inventent la vie. Ce sont eux qui s’habitent et ne se quittent pas. Leur règne n’est pas le désir de conquête, ils ne cherchent pas à séduire ni à juger. Ils sont eux- mêmes, totalement, simplement, comme les arbres sont des arbres et la lumière est la lumière.
 

Comme ils sont beaux, et magiques, ceux qui sont mêlés à leur propre secret. Alors en eux il ne devrait plus y avoir d’ombre, ni de doute. En eux il n’y aurait plus que cette incandescence, ce cœur créant toute pensée et toute action. Ils ne sont pas aimés, ni préservés. Leur silence n’est pas un moyen de se défendre. Ils ne s’isolent pas, ils ne construisent pas de remparts contre l’étranger. Mais ils retiennent leur vie, ils retiennent leur eau, car elles seront plus belles.
 

Ils savent que cette force intérieure est une parcelle de la force commune. Elle ne leur appartient pas, elle n’est pas une monnaie pour être intéressés dans le commerce de la société humaine. Elle n’est pas un moyen d’affirmer son existence ou son identité. Non, mais naturellement cette force leur a été donnée. Cette pensée, cette chaleur, ce silence leur ont été donnés. Alors, ils les gardent.

J.M.G. Le Clézio